Un virus ? Une maladie ?

Une maladie transmissible, de plus en plus répandue, la dépendance complexe du cerf-voliste. Le cerf-voliste atteint de cette maladie présente des symptômes et des phases bien distincts...

La découverte
Cette phase initiale où il découvre qu'un cerf-volant peut avoir plus d'une corde et que l'on
peut le piloter. Il étudie et consulte les instructions, l'internet et les DVD explicatifs pour
comprendre comment ça marche. Il s'entraîne incognito dans les parcs, les soirs de
semaine. Trop tard les premiers symptômes ont commencé.
L'achat du deuxième  (Symptôme: mal de cou) 
Cette phase arrive normalement à la suite de sa première visite à un festival ou à sa
première rencontre avec un cerf-voliste plus expérimenté. Une recherche intensive pour
trouver la ou les boutiques spécialisées. Convaincu que son premier
cerf-volant n'est pas assez performant, il investit une part de ces économies dans l'espoir
de trouver LE cerf-volant qui lui permettra de réussir le premier axel et de passer aux trucs suivants.
Investissement massif (Symptômes: mal de cou, pieds mouillés) 
Cette phase implique un investissement massif de toutes ses économies pour trouver la
machine ou les machines qui lui permettront de faire tous les trucs que les experts
exécutent et de voler toutes les gammes de vents. Son sac de cerf-volant est rempli
et sa carte de crédit aussi, il a des cerfs-volants partout sur les murs au plafond
de sa maison, la maladie se propage ...
Education (Symptômes: mal de cou, cou rouge, pieds mouillés) 
Dans cette phase, il apprend tout sur les cerfs-volants: à bien voler, à les ajuster, à les
réparer quand ils se brisent. Il parle à tout le monde qui est meilleur que lui (presque tous)
sur les terrains de pratique. Il est comme une éponge, il absorbe et digère toute
l'information, les aspects et les nuances pour devenir le meilleur. Complètement
dépendant et hors contrôle, cette situation l'amène immanquablement à la phase
suivante ...
Résignation (Symptômes: les deux poignets blancs) 
A cette étape, sa collection de cerfs-volants est réduite à 5 ou 6. Un pour chaque plage de
vent et chaque style de vol. Il choisit les meilleures conditions pour voler. Les autres
cerfs-volistes écoutent ses conseils et ces opinions. Il aide plus souvent les autres que les
autres ne l'aident. Il réalise que sa relation avec les cerfs-volants ne sera pas juste une
aventure.
Reconnaissance (Symptômes:mal de cou, cou rouge, tour des yeux blanc, pieds mouillés) 
Bonjour! Mon nom est ... Et je vis une dépendance au cerf-volant (tout le monde ensemble: bonjour ...). A cette étape il se questionne: suis-je malade, dois-je aller me faire
désintoxiquer..., etc. Il se rend compte du problème trop tard, sa carte de crédit est
toujours pleine, son deuxième sac de cerfs-volants est aussi plein, l'auto n'entre plus dans
le garage, qui est rempli de cerfs-volants et il y a plusieurs autocollants sur le pare-chocs
de la voiture. Les vendeurs de cerfs-volants connaissent son numéro de carte de crédit
et son adresse mail par cœur. Cette phase se termine presque toujours de la même
façon: il vend tous les cerfs-volants qu'il juge non-nécessaire à moitié prix.
Déception
Il réalise que le cerf-volant parfait qui "trick" tout seul n'existe pas et qu'il y aura toujours
un meilleur cerf-volant que celui ou ceux que l'on vient d'acheter. Qu'il ne deviendra
jamais pilote de soucoupes volantes. Il prend connaissance de ses limites et il réalise
que pour réussir le nouveau truc il ne faut pas acheter un nouveau cerf-volant, mais
plutôt passer des heures et des heures seul à seul avec son cerf-volant favori sur le terrain.
Conclusion 
L'espoir de guérison se pointe à l'horizon lorsqu'il réalise que le sport du cerf-volant n'est
pas juste de réussir le dernier truc ou de posséder le meilleur cerf-volant, mais d'apprécier
le cerf-volant pour ce qu'il est: une manière de rencontrer des gens, de passer de bons
moments ensemble, de créer des amitiés et de s'amuser !